09.12.2009

Questionnement

VALENTIN. - Je me pose une question.

ORACLE. - Ah bon.

V. - Pourquoi est-ce que je suis ici ?

O. - Je ne sais pas.

V. - Pourquoi est-ce que tu es ici ?

O. - Je ne sais pas.

V. - Nous voilà bien avancés.

15.08.2009

STOP

 

Valentin fait du stop au milieu de nulle part. Arrive Solal.

SOLAL. - Que faites-vous ?

VALENTIN. - Du stop.

S. - C'est ridicule.

V. - Vous voulez dire, parce qu'il n'y a pas de voiture.

S. - Oui, personne ne passe ici.

V. - C'est normal. Il n'y a pas de route. Comment voulez-vous qu'il y ait des voitures si déjà il n'y a pas de bitume.

S. - Moi je ne veux rien, c'est vous.

V. - Comment ça c'est moi ?

S. - En ce moment même, le pouce levé vers le ciel, vous faites bien du stop.

V. - Affirmatif.

S. - Mais, c'est ridicule personne ne vous prendra.

V. - Non, effectivement.

S. - Je ne comprends pas.

V. - Rien ne vous y oblige.

S. - Si vous faites du stop c'est que vous voulez aller quelque part.

V. - Là-bas.

S. - Et qu'il se trouve qu'aujourd'hui, suite à une malheureuse succession d'évènements tous aussi malheureux, votre voiture n'est pas opérationnelle.

V. - Elle a pris feu.

S. - Et donc avec votre pouce vous demandez aux aimables automobilistes allant là-bas de bien vouloir s'arrêter pour que vous puissiez monter dans leur voiture.

V. - Non.

S. - Comment ça non.

V. - Je ne monterai dans la voiture de personne. De toute façon il n'y a rien ici. Pas de route, pas de voiture. Ici, je ne risque rien.

S. - Mais alors.

V. - Quoi ?

S. - On ne fait pas de stop là où il n'y a pas de voiture. C'est impossible.

V. - J'y arrive très bien.

S. - Mais ça ne se fait pas.

V. - Et pourquoi ça.

S. - Je ne sais pas, c'est ridicule.

V. - Je ne trouve pas.

S. - Mais bien sûr que si.

V. - Non.

S. - Si.

V. - Mais non voyons.

S. - Ce n'est pas logique.

V. - Et pourquoi donc ?

S. - Tout simplement parce que personne ne va s'arrêter.

V. - C'est le but.

S. - Vous ne voulez plus aller là-bas ?

V. - Si, si bien sûr. C'est pour ça que je fais du stop.

S. - Alors, allez là où il y a une route.

V. - Ah non.

S. - Mais, pourquoi ?

V. - Si des voitures passent, quelqu'un risque de s'arrêter.

S. - Mais c'est le but.

V. - Les gens qui vont s'arrêter je ne les connais pas.

S. - Il y a des chances oui.

V. - Je n'ai pas le droit.

S. - De quoi ?

V. - Déjà que je ne dois pas parler à un inconnu, alors imaginez monter dans sa voiture. Elle ne serait pas contente.

S. - Qui ça ?

V. - Ben, maman.