27.12.2009

Dialogue - Le père Noëlle

 

PERE. - Noëlle !

NOELLE. - (Accourt) Oui, papa.

P. - Tu ne voudrais pas aller voir dehors ?

N. - Pour voir quoi ?

P. - Je ne sais pas moi. Sois logique, si je savais je ne te demanderais pas d'y aller. (Noëlle sort, juste pour voir). Quelle cruche cette enfant. Si seulement j'avais connu sa mère je pourrais dire qu'elle tient d'elle. Mais je ne l'ai pas connue, enfin si une fois ,mais tellement rapidement. Dans de telles positions ce n'est pas connaître quelqu'un. Et puis à vrai dire, je ne suis pas sûr que ce soit elle. Pauvre de moi, avoir une fille cruche et ne pas savoir qui est la mère.

N. - Je suis de retour.

P. - Je vois ça.

N. - J'y suis allée.

P. - Tu l'as déjà dit.

N. - Non, j'ai dit que j'étais de retour.

P. - Ma fille, si tu es de retour c'est que tu y es allée, c'est comme monter en bas, ça ne se dit pas. Même le fils des voisins le sait.

N. - Nous n'avons pas de voisins.

P. - Qu'est-ce que tu en sais ?

N. - Je le sais, je suis allée voir.

P. - Je sais, c'est moi qui te l'ai demandé.

N. - Dehors il y a....

P. - Non ma fille tu te trompes, ce n'est pas le bon temps. Quand tu es allée voir maintenant c'est le passé puisque tout de suite c'est le présent, qui d'ailleurs ne va pas tarder à aller dans le futur qui lui-même deviendra le nouveau présent ou le présent nouveau, comme tu voudras. Le fils du voisin, lui, ne fait pas de si grossières erreurs.

N. - Il n'y a pas de voisins.

P. - Tu ne le sais pas.

N. - Si, je suis allée voir.

P. - Bien sûr que tu es allée voir, mais c'est du passé tout ça.

N. - C'était le présent à ce moment là.

P. - Sotte ! Il fallait y aller dans le futur.

N. - Ce n'est pas possible.

P. - Rien n'est impossible à cœur vaillant. Ce n'est pas ma faute si tu ne sais pas faire. Peut être est-ce la faute à ta mère.

N. - Je n'ai pas de mère.

P. - Je suis au courant. D'ailleurs je me pose des questions à ce sujet. Pourquoi par exemple, ou alors comment se fait-il que ?

N. - Je ne sais pas.

P. - Bien sûr que tu ne sais pas, tu n'es qu'une enfant.

N. - Ce n'est pas ma faute.

P. - Bon, et dehors.

N. - Dehors il n'y avait pas grand-chose, je dirais même qu'il y avait rien.

P. - Rien, c'est déjà pas mal. Tu aurais au moins pu l'inviter à rentrer se mettre au chaud.

N. - Il n'y avait pas Rien, il y avait rien.

P. - J'avais bien compris.

N. - Je ne crois pas.

P. - Où veux-tu en venir.

N. - A la fin.

P. - C'est moi qui décide. Je suis ton père, tout le monde sait que je suis le père à Noëlle.

N. - On dit le père de Noëlle.

P. - Non, une fois de plus tu te trompes. Même les enfants des voisins le savent, on dit le Père Noël.

 

17.12.2009

Dialogue - Pastèques ou bananes

MARCHAND. - Vous voulez quoi ?

VALENTIN. - Vous avez quoi ?

M. - Tout.

V. - Alors, je voudrais une banane.

M. - Non.

V. - Comment ça ?

M. - Vous voulez une banane.

V. - Exact.

M. - Je n'en ai pas. Je ne peux donc pas vous satisfaire.

V. - C'est embêtant.

M. - Désolé.

V. - Très embêtant.

M. - J'ai dit désolé.

V. - Vous avez aussi dit que vous aviez tout.

M. - Oui.

V. - Mais vous n'avez pas de banane.

M. - Non.

V. - Et ben alors.

M. - J'ai tout ce que vous voulez en pastèque.

V. - Pourquoi faire ?

M. - Pour les vendre.

V. - Pourquoi donc vendre des pastèques ?

M. - Pourquoi pas. Vous ne trouvez pas ça joli ?

V. - Si si.

M. - Ben alors.

V. - Vous avez autre chose que des pastèques ?

M. - Non.

V. - Alors, je vais vous en prendre une.

M. - Très bon choix.

V. - Par contre, je ne m'y connais pas vraiment.

M. - C'est la première fois ?

V. - Oui.

M. - Ne vous inquiétez pas je suis là pour ça.

V. - Merci. Celle-là elle est comment ?

M. - Suffisamment.

V. - Comment ça, suffisamment ?

M. - Elle est ordinaire.

V. - C'est-à-dire ?

M. - Rouge à l'intérieur et verte à l'extérieur.

V. - J'entends bien, mais au goût elle est comment ?

M. - Ordinaire. Je pense.

V. - Vous pensez ?

M. - Oui, ça m'arrive des fois.

V. - Content pour vous. Et ma pastèque, je la choisis comment ma pastèque.

M. - Je ne sais pas moi, j'ai une tête à en connaitre sur les pastèques.

V. - Je dirais oui, un peu, mais ce n'est que mon avis.

M. - Et bien vous vous trompez !

V. - Autant pour moi.

M. - Autant pour vous.

V. - Tout cela ne m'aide pas vraiment.

M. - Tout à fait.

V. - Les pastèques, elles se ressemblent toutes.

M. - Prenez-en une au hasard. J'ai des dés si vous voulez.

V. - Je veux bien, merci.

M. - (VALENTIN lance les dés) Vous avez fait combien ?

V. - Deux.

M. - Avec les deux dés ?

V. - Oui, un et un.

M. - Vous êtes mauvais.

V. - À vrai dire il est aussi dur d'avoir deux six que deux un, donc...

M. - Ne dites pas de bêtise, voyons. Donnez-moi ces dés.

V. - (MARCHAND lance les dés) Alors ?

M. - J'ai gagné.

V. - Mince. J'aurais mieux fait de faire deux six. Et ma pastèque ?

M. - Quoi votre pastèque ?

V. - Je ne l'ai toujours pas choisi. Et pendant ce temps-là, il tourne.

M. - Très vite, oui.

V. - Bon, Tic Tac Tèque, ce sera toi la pastèque. Je prends celle là.

M. - Non.

V. - Celle-là du coup.

M. - Toujours non.

V. - Laquelle alors ?

M. - Aucune. J'ai changé d'avis. Elles ne sont plus à vendre.

V. - Dommage.

M. - Mais je peux vous vendre autre chose.

V. - Vous avez quoi ?

M. - Des bananes.

09.12.2009

Questionnement

VALENTIN. - Je me pose une question.

ORACLE. - Ah bon.

V. - Pourquoi est-ce que je suis ici ?

O. - Je ne sais pas.

V. - Pourquoi est-ce que tu es ici ?

O. - Je ne sais pas.

V. - Nous voilà bien avancés.

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