15.09.2009
Docteur, j'ai les symptômes !
VALENTIN. - Docteur.
DOCTEUR. - (sans regarder) Oui, j'écoute.
V. - Je suis venu vous voir, docteur.
D. - Je vois cela.
V. - J'ai un problème de santé.
D. - Ça m'intéresse.
V. - J'ai de quoi payer.
D. - (lève le regard) J'en suis fort satisfait.
V. - Alors voilà, il y a encore une semaine, tout allait bien.
D. - Même pas une petite toux, même de rien du tout ?
V. - Non, une santé de fer.
D. - Vous n'en savez rien, c'est à moi de le dire. Continuez.
V. - Aujourd'hui, tout a changé. J'ai bien peur d'être atteint.
D. - Gravement ?
V. - Relativement.
D. - Expliquez.
V. - Je crois que je suis amoureux.
D. - Ah, ne bougez surtout pas. (Il fouille son bureau sort un masque et le donne à Valentin. Il trouve aussi des tracts d'information). Avant tout, il faut garder votre calme. Vous voyez selon les études, dans la majorité des cas, et je dirais même dans la grande majorité des cas, ce n'est rien. Juste une petite amourette sans complication. Ça passe tout seul avec le temps.
V. - J'entends bien, mais ça peut quand même être dangereux. J'ai entendu parler de cas grave.
D. - Je ne vais pas vous mentir, ça peut être grave oui. Certains tombent amoureux pour la vie. On ne sait pas réellement soigner les cas avec complication, par contre aujourd'hui on connait bien la maladie et on sait comment la contenir. Encore une fois, ne vous affolez pas. C'est l'été, les nuits sont douces et en plus il y a des étoiles filantes. Tout ceci est très romantique, donc très propice à la propagation du virus.
V. - Qu'est-ce-que je dois faire docteur ?
D. - Par précaution, on va commencer pas vous mettre en quarantaine. Pas la peine de risquer le hasard. Il ne faut pas que vous croisiez votre âme sœur alors que votre système immunitaire est affaibli.
V. - C'est grave ?
D. - Encore une fois, ne vous affolez pas. C'est le protocole. Et puis rien de plus banale que de tomber amoureux en ce moment, c'est la saison. L'important c'est d'éviter les situations à risque. Comment est-ce arrivé ?
V. - Voyez vous, j'ai un ami qui a des amies, dont une que je n'avais pas remarqué la première fois que je l'ai vu. D'ailleurs, je ne me rappelais pas de son nom.
D. - Signe que tout était normal.
V. - C'est la deuxième fois que j'ai commencé à ressentir les symptômes.
D. - A la deuxième rencontre donc.
V. - Oui, c'est ça.
D. - Et vous vous êtes revu depuis.
V. - Oui, à plusieurs reprises.
D. - Vous savez que ce n'est pas bien. Aux premiers signes inquiétants vous auriez dû éviter tout contact et venir me consulter le plus rapidement. Ce n'est pas parce que c'est bénin qu'il faut jouer avec l'amour. Ça n'arrive pas qu'aux autres vous savez.
V. - Oui, je sais.
D. - Bon, nous allons voir ça. Otez votre haut, je vais regarder votre cœur. (écoute le cœur) J'entends bien quelques pincements effectivement mais rien de dramatique. (regarde le cœur) Au niveau visuel il a un aspect normal, il n'a pas été percé. (palpe le ventre) Ah, vous avez quand même une belle boule au niveau de l'estomac. Ça doit vous gêner un peu.
V. - Je la sens, oui.
D. - On va surveiller ça. Avec du Tirlufen cela devrait se résorber tout seul, mais il est impératif d'éviter tout contact. Vous êtes diminué.
V. - Oui, docteur.
D. - S'il le faut, on opérera pour extraire cette boule. C'est une opération de routine, on rentre la caméra d'un côté, les ciseaux de l'autre, on découpe et on ressort le tout. Au niveau des articulations vous avez des douleurs ?
V. - Non, je n'ai rien remarqué.
D. - (test les articulations) Tout à l'air en place et en état de marche. Vous n'êtes surement pas tombé de bien haut. Sinon, vous arrivez à dormir convenablement ? Vous rêvez d'elle ?
V. - Ça m'arrive de rêver oui, mais surtout de dinosaures.
D. - Les dinosaures ce n'est pas grave. Je vais quand même vous mettre une boite de somnifère, ça vous aidera à retrouver la paix. Je vous fais un arrêt de 15 jours, un tirlufen matin et soir pendant 3 semaines et on se revoit après pour faire le bilan. Je vous souhaite bien du courage et surtout évitez tout contact.
V. - Oui docteur, je vous remercie.
D. - De rien, c'est mon métier. D'ailleurs n'oubliez pas de payer en sortant. Au revoir.
V. - Oui docteur, au revoir.
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