28.04.2009

Histoire de voir

Valentin regarde là-bas, au loin. Etienne s'approche, il aimerait bien voir lui aussi.

VALENTIN. - T'as vu?

ETIENNE. - Quoi?

V. - Là-bas.

E. - Où ça?

V. - Tu ne vois pas?

E. - Non.

V. - Fais un effort.

E. - (fait un effort) Non, toujours rien.

V. - C'est étrange. J'aurais cru que tu aurais vu.

E. - Moi aussi j'aurais cru, parce que d'habitude je vois. Hier encore, je n'arrivais pas à dormir. À cause de la chaleur. En été, il fait toujours chaud. Du coup, en été, et seulement en été, je ne dors que très peu. À cause de la chaleur. Ça me réveille. C'est pendant la nuit que ça me réveille. Pensez-vous, ça ne pourrait pas me réveiller le jour. Non. C'est toujours pendant la nuit. Le jour cela ne me dérangerait pas, mais la nuit c'est embêtant. Parce que, moi, la nuit, normalement, je dors. Mais comme ça me réveille je ne dors plus. Du coup, la journée, puisque je n'ai pas dormi la nuit, je dors. Parce qu'en été, comme en hiver il faut dormir. Alors en été je dors le jour, et les nuits, comme hier, où je suis réveillé, je ne dors pas. À cause de la chaleur. Il fait toujours chaud en été.

V. - Oui, il fait toujours chaud en été. Mais ça ne m'explique pas pourquoi tu ne vois pas.

E. - Oui, mais c'est qu'hier, comme j'étais réveillé j'étais à la fenêtre et là j'ai vu.

V. - T'as vu quoi?

E. - Un chat. (Pause) C'est pour dire que d'habitude je vois.

V. - Je vois.

E. - Moi aussi, enfin d'habitude. Là je ne vois pas.

V. - Suis mon regard. (E. fait de son mieux) Alors?

E. - Désolé, mais je crois qu'il n'y a rien à voir.

V. - Si justement, il y a rien.

E. - Si y a rien, y a rien.

V. - Si. Parce que d'habitude il y a.

E. - T'es sûr?

V. - Oui, là-bas, d'habitude il y a. C'est pour ça que je regarde. Il n'y a rien, c'est bizarre.

E. - C'est toi qui es bizarre à ne rien regarder.

V. - Je ne regarde pas rien. Je regarde le rien qu'il y a là-bas.

E. - T'as vu?

V. - Quoi?

E. - Là-bas? Toujours.

V. - Oui, je vois.

E. - Il n'y a plus rien.

V. - Oui, il y a quelque chose maintenant.

E. - C'est quoi?

V. - On dirait un chat.

E. - Oui, gris, comme hier. Je t'avais bien dit que je voyais d'habitude.

V. - C'est bien. (Pause) Je suis rassuré. (Pause) Tu viens?

E. - Où ça?

V. - Là-bas. On va voir de près.

E. - Je veux bien. (Ils s'éloignent pour se rapprocher de là-bas) De toute façon je ne veux pas aller me coucher. Parce qu'après je me réveille. À cause de la chaleur. Et je n’aime pas ça, me faire réveiller. Il fait chaud en ce moment...

Commentaires

Putain encore encore ! :D

Ecrit par : Nico | 14.05.2009

Y'a pas à dire, je découvre et c'est du grand art. Bravo !

Ecrit par : azul47 | 19.05.2009

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